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Journal of Pediatric Nursing

Tous les moyens de distraction sont ils aussi efficaces pour soulager un enfant pendant un soin ?

1.02
mars 2013
Douleur de l'enfant

Si les techniques de distraction, de détournement de l’attention, de relaxation ou toutes formes d’approches dérivées de l’hypnose sont souvent citées dans le cadre de la prise en charge de la douleur liée aux soins, sont-elles toutes aussi intéressantes, efficaces ou adaptées ? Dans cet article, publié en 2012 dans le « Journal of Pediatric Nursing », les auteurs analysent ces différentes techniques en fonction de leur niveau de preuves. Deux grands types de distraction sont définis : les méthodes actives et les méthodes passives. Parmi les premières, on trouve : les jeux interactifs (par exemple les jeux vidéos), la réalité virtuelle, la relaxation basée sur la respiration ou encore la relaxation par l’imagerie mentale, ces deux dernières faisant partie des thérapies cognitivo-comportementales. Parmi les approches passives, les plus étudiées s’appuient sur la musique ou sur le visuel (télévision). Malheureusement, d’après les résultats de cette revue de la littérature, il semble difficile de pouvoir conseiller une méthode plutôt qu’une autre. En effet, différentes problématiques émergent : il existe une trop grande différence entre les techniques elles-mêmes, mais surtout peu d’études comparatives. Les biais sont aussi méthodologiques : l’utilisation correcte et régulière d’outils d’évaluation de la douleur (prenant compte de toutes ses composantes) est très rare, ce qui rend peu fiables ou comparables les résultats. Enfin, concernant la particularité de l’enfant et de l’adolescent, il parait difficile, voire impossible, de comparer les techniques sans prendre l’âge en compte : les populations des études publiées sont trop inhomogènes pour tirer des conclusions correctes. Aucune préconisation consensuelle ne peut donc être formulée : il apparait nécessaire d’individualiser le choix de la technique proposée au jeune patient en fonction de son développement, du contexte de soin et de son choix personnel. Afin de rendre plus solides les données scientifiques disponibles, il faudrait impulser des équipes à étudier ces approches de façon comparative, sur des populations homogènes et à l’aide d’outils validés.

Reference

Koller D, Goldman RD. Distraction techniques for children undergoing procedures: a critical review of pediatric research. Journal of Pediatric Nursing 2012;27:652-81.

Auteur

Rodrigue Deleens

Coordonnateur et directeur de la publication/Responsable éditorial Praticien Hospitalier -Centre d'Évaluation et de Traitement de la Douleur CHU de Rouen Médecin attaché, CETD Hôtel Dieu, AP-HP